SE FORMER A LA PRÉVENTION DES VIOLENCES SEXISTES ET SEXUELLES

Une responsabilité essentielle pour les professionnels du sport

Le sport est un formidable vecteur d’émancipation, de respect et de dépassement de soi. Pourtant, comme tout espace social, il n’est pas à l’abri des dérives : violences sexistes et sexuelles, violences verbales, comportements discriminants… Face à ces réalités, se former à la prévention des violences sexistes et sexuelles (VSS) n’est pas une option : c’est une obligation morale, éducative et professionnelle pour tout éducatrice et éducateur, entraîneur.e ou intervenant.e dans le milieu sportif, et ce, à tous les niveaux de pratique.

1. Comprendre pour mieux prévenir

La première étape, c’est comprendre la nature et les mécanismes de ces violences.
Les VSS ne se limitent pas aux agressions physiques : elles englobent aussi les paroles, attitudes ou situations qui portent atteinte à la dignité et à l’intégrité des personnes.
Dans le contexte sportif, elles peuvent se manifester à travers :

  • Des propos et comportement sexistes
  • Des gestes déplacés justifiés par la « pédagogie » ou la « proximité »,
  • Des situations d’abus de pouvoir ou de confiance.

La formation permet d’identifier ces signaux, souvent banalisés, et d’adopter les bons réflexes pour les prévenir.

2. Un devoir de protection envers les pratiquant·es

L’éducateur ou l’éducatrice sportif a un rôle de modèle et de référent.
Les jeunes, en particulier, accordent une grande confiance à leurs encadrant.e.s.
Cette position d’influence impose une responsabilité de vigilance et de protection :

  • Protéger les pratiquants contre toute forme de violence,
  • Intervenir face à une situation suspecte,
  • Savoir orienter et signaler quand cela est nécessaire.

Se former à la prévention des VSS, c’est se doter des connaissances juridiques, psychologiques et comportementales indispensables pour agir avec justesse et efficacité.

3. Promouvoir une culture du respect et de l’égalité

Ces formations participent à la construction d’un environnement sportif plus sain et inclusif.

Elles aident à :

  • Déconstruire les stéréotypes de genre,
  • Encourager la mixité et l’égalité dans les pratiques,
  • Favoriser une communication respectueuse et non violente.

En se formant, les professionnels deviennent des ambassadeurs du changement.
Ils contribuent à transformer durablement la culture du sport, pour que chaque pratiquant·e puisse évoluer dans un climat de sécurité, de respect et de confiance.

4. Une obligation réglementaire et un engagement éthique

Depuis plusieurs années, les institutions sportives et l’État ont renforcé les dispositifs de prévention et de signalement.
Pour exercer certaines fonctions ou obtenir certaines subventions, la formation à la prévention des VSS est désormais obligatoire.
Mais au-delà du cadre réglementaire, c’est un engagement éthique fort : celui de garantir un sport porteur de valeurs humaines, éducatives et citoyennes.

Se former, c’est aussi se protéger soi-même en tant que professionnel : connaître ses droits et ses devoirs, maîtriser la bonne distance relationnelle, et assurer un cadre de pratique irréprochable.

5. Le sport comme espace éducatif et sécurisant

Le sport doit rester un lieu d’épanouissement, de respect et de liberté.
Chaque éducateur, chaque formatrice, chaque entraîneur a le pouvoir d’en faire un espace d’apprentissage positif, où la confiance et la bienveillance priment sur la peur ou la domination.

En s’engageant dans la prévention des violences sexistes et sexuelles, les professionnels du sport remplissent pleinement leur mission éducative : celle de former non seulement des sportifs compétents, mais aussi des citoyens respectueux et responsables.

Se former à la prévention des VSS, c’est affirmer haut et fort une conviction : le sport doit être un espace sûr pour toutes et tous.
C’est un pas essentiel vers un milieu sportif plus juste, plus humain, et plus fidèle à ses valeurs fondatrices — le respect, la solidarité et l’équité.

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